Qui est Bassem Youssef, l’humoriste poil à gratter du monde arabe?

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Cet ancien chirurgien égyptien devenu comique fait sensation sur le web, depuis une interview dans laquelle il utilise son humour corrosif pour défendre la cause palestinienne.

Dans le sillage des derniers affrontements entre Israël et le Hamas, une nouvelle sensation du web est en train d’émerger. Bassem Youssef, humoriste égyptien exilé aux États-Unis, fait le tour des réseaux sociaux depuis deux jours avec une interview grinçante accordée au présentateur britannique Piers Morgan.

Durant cet entretien de plus d’une demi-heure, diffusé mardi dans l’émission Piers Morgan Uncensored sur la chaîne Talk TV, cet ancien chirurgien a donné toutes les peines du monde à l’animateur avec un humour corrosif à toute épreuve, qu’il utilise pour défendre la cause palestinienne. Le ton a été donné dès les premières minutes:

« Ces Palestiniens, ils en font tout un foin. ‘Ah, Israël nous tue!’, alors qu’ils ne meurent jamais, ils reviennent toujours! », a-t-il déclaré en guise d’introduction, le visage impassible.

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« Ce sont des gens très difficiles à tuer. Je le sais, j’en ai épousé une. J’ai essayé, à de multiples reprises, mais je n’ai pas pu la tuer (…) Elle utilise nos enfants comme boucliers humains, je ne peux pas m’en débarrasser. »

Interview dérangeante

Le reste de l’interview s’est déroulé sur le même registre. Face à un Piers Morgan mal à l’aise – l’animateur, connu pour ses positions conservatrices et son goût pour la provocation, en a pourtant vus d’autres -, Bassem Youssef a multiplié les traits d’esprits condamnant les représailles israéliennes à l’attaque du Hamas 7 octobre dernier, au cours de laquelle 1400 personnes ont trouvé la mort.

Tout en condamnant les agissements de l’organisation islamiste, il brandit un graphique comparant le nombre de morts israéliens et palestiniens au fil des ans. Et demande, toujours aussi pince-sans-rire: « Ça change d’une année sur l’autre, ça fluctue comme la cryptomonnaie. Ma question, c’est: quel est le taux de change actuel pour des vies humaines? Quel est le taux de change pour que vous soyez contents? »

« Si vous étiez Israël, quelle serait selon vous la manière appropriée de répliquer? », le relance l’intervieweur. « Je ferais exactement ce que fait Israël: tuer autant de gens que possible, puisque le monde me laisse faire », répond l’humoriste. « Je peux le faire, puisqu’on m’y autorise! ».

Depuis sa mise en ligne, la vidéo a été regardée par plus de 14 millions de personnes sur YouTube. Les extraits relayés sur Twitter son inquantifiables, et les vidéos TikTok estampillées d’un hashtag relatif à cette interview génèrent des centaines de milliers de vues.

À la faveur d’une révolution

Peu connu en occident, Bassem Youssef est une star du monde arabe depuis une douzaine d’années. L’homme de 49 ans né au Caire a suivi des études de médecine avant d’embrasser une carrière de chirurgien thoracique dans son pays d’origine, se perfectionnant en exerçant en Allemagne et aux États-Unis.

Sa vie a pris un tournant décisif avec la révolution égyptienne de 2011. Cette année-là, Bassem Youssef lance une émission satirique sur YouTube, le B+ Show, dans laquelle il s’emploie à soutenir les manifestants en contrant avec humour la propagande égyptienne. Avec pour modèle Jon Stewart, animateur américain du Daily Show, à qui il a plusieurs fois témoigné son admiration:

« C’est en 2003 que j’ai vu Jon Stewart à la télévision pour la première fois », avait-il raconté en 2022 sur la scène américaine des Mark Twain Prize. « Grâce à (lui), j’ai découvert la satire politique, et les politiques tordues des Etats-Unis ».

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« Je rêvais d’animer une émission similaire en Egypte », avait-il poursuivi. « Mais à cette époque, c’était presque impossible. Mais en 2011, le printemps arabe s’est déployé au Caire, et nous avons eu une opportunité. J’ai publié des vidéos sur YouTube, une immitation bas de gamme du Daily Show. Et c’est devenu viral. »

Le mot « viral » n’a ici rien d’un euphémisme: son B+ Show fait rapidement l’effet d’une bouffée d’air dans un pays qui étouffe et accumule plus de 5 millions de vues en l’espace de quelques mois – un chiffre qui pourrait sembler moyen aujourd’hui, mais remarquable pour l’époque.

De YouTube à la télévision

Fort de cette popularité soudaine, Bassem Youssef se voit alors offrir sa propre émission. Une chaîne progressiste égyptienne lui laisse les manettes d’un programme intitulé Al-Bernameg, dans lequel il continue sur sa lancée en tournant en ridicule les politiques de son pays.

Comme le rapporte la BBC, son ascension se poursuit un an plus tard lorsqu’une chaîne plus importante le débauche, lui permettant alors de s’adresser à 30 millions de téléspectateurs par semaine. Avec son humour caustique, il opère une véritable révolution dans le paysage audiovisuel égyptien. D’après le média britannique, c’était la première fois qu’une émission satirique s’attaquait directement au gouvernement du pays.

Le « Jon Stewart égyptien »

Son travail a fait réagir jusqu’aux États-Unis. En 2013, celui que l’on surnomme déjà « le Jon Stewart égyptien » apparaît dans la liste des 100 personnes les plus influentes au monde du Time Magazine (dans la catégorie « pionniers »). La même année, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une organisation américaine qui promeut la liberté de la presse, lui a remis le prix de la liberté.

À l’inverse de ces reconnaissances américaines, ses affronts faits aux autorités égyptienne font du remous. Al-Bernameg survit au gouvernement islamiste de Mohamed Morsi mis en place en 2012, non sans une arrestation de Bassem Youssef pour insulte au président et à l’islam. Mais la menace change apès la prise de pouvoir du général Abdel Fattah al-Sissi, la suite d’un coup d’État. Craignant pour sa vie, il quitte son pays en 2014 et s’installe à Los Angeles avec son épouse (Hala Diab, dentiste égyptienne aux origines palestiniennes, selon The Sun) et leurs deux enfants.

Star américaine

Avec cette expatriation, la carrière de Bassem Youssef connaît une nouvelle dimension. Accueilli à bras ouverts par les États-Unis, cet artiste touche-à-tout multiplie les projets. D’abord intégré par l’institut d’études politiques d’Harvard puis le centre sur la démocratie de Stanford en tant qu’intervenant, il publie ensuite deux ouvrages: une autobiographie baptisée Revolution For Dummies: Laughing Through the Arab Spring (littéralement, « La Révolution pour les nuls: rire en traversant le Printemps arabe ») et un livre pour enfant, The Magical Reality of Nadia (« La réalité magique de Nadia »).

En 2017, il a fait l’objet d’un documentaire, Tickling Giants (« Chatouiller les géants »). Comme le rapporte Variety, il est également apparu en tant qu’acteur dans les séries américaines Ramy, Mo, et bientôt Lioness, un projet de Taylor Sheridan, co-créateur de la série à succès Yellowstone.

Mais c’est surtout dans le stand-up que Bassem Youssef a trouvé son nouveau terrain de jeu. Il a parcouru les États-Unis avec son spectacle Late for Democracy, qu’il a même présenté à Paris en mars dernier à l’Apollo Théâtre. Devenu une personnalité médiatique à part entière outre-Atlantique, il s’est souvent assis sur les fauteuils des talk-shows les plus prestigieux. Notamment celui de Stephen Colbert, mais aussi celui de son idole, Jon Stewart.

Nul doute que son intervention-choc dans l’émission de Piers Morgan contribuera à étendre sa célébrité. En guise de conclusion, Bassem Youssef a présenté la photo d’une maison en ruines, qu’il a présentée comme celle de sa belle-famille à Gaza:

« La famille de ma femme va bien. Ils nous ont envoyé la photo de la maison. Elle a été bombardée. C’est magnifique. Ça fera une super décoration pour Halloween. »

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